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La Peau, le Trou et le Fossile - protocole 2020.VII

 

Durant 40 jours, du 4 novembre au 13 décembre 2020, j'ai engagé un jeu exploratoire, par le biais de l'écriture et du dessin, autour des images de la peau, du trou et du fossile. A ce titre, pendant la durée de ce protocole, j'ai suivi chaque jour la trajectoire suivante :

  • Ecrire une lettre en alternant entre Trou, Fossile et Peau
  • Poser une toile support sur le chevalet (numérotée 2020.VII)
  • Dans un nouveau cahier, peindre chaque jour autour d'une ligne serpentine (chacun numéroté 2020.VII.1a à 40c (journal)
  • Sur un papier encollé sur toile (format intuitif), peindre chaque jour une peinture  posée si besoin sur la toile support (numérotée au verso 2020 VII.1 à 40)
  • Prendre au moins une photo sur le vif.

Pour faciliter la démarche, je me suis engagée à éviter de juger tout de suite le travail, et à ne rien faire du résultat produit avant la fin du cycle.

 

Extraits du travail d'écriture

 

Jour 1: «Cher Trou, tu fais de moi une araignée avançant en funambule au-dessus de toi. Perchée sur ta tête, à la tête du trou... Qui sait ce que nous allons faire de toi et moi avec».

 

Jour 2: «Chère Peau, j'ai pensé à un angle, et j'ai oublié. Toute l'histoire est à reconstruire. A l'instant, je sais seulement que je cherche une autre performance».

 

Jour 3: «En réalité, tu me brûles... Car c'est sur toi que vient se poser l'environnement extérieur, celui qui fait parfois si mal. Aujourd'hui, chère Peau, j'ai envie de jouer avec ta globalité. Appréhender ton espace, terminer la règle du jeu. Poco a poco. Merci d'être ma frontière».

 

Jour 7: «Peut-être qu'à travers toi, je veux que ressorte la mémoire fossile, celle des images enfouies sous les expériences. Ces résidus remontent surtout la nuit, paradis du temps passé. Je suis trouée par cette structure que je cherche à mettre en forme».

 

Jour 15: «Ainsi cher Fossile, tu as pu lentement attraper la matière par laquelle tu pourrais advenir, remplaçant petit à petit le souvenir pour devenir quelque chose».

 

Jour 16: «Cher Trou, pour relier des matières, il faut les avoir regardées».

 

Jour 19: «Ces protocoles me sauvent de cette part qui m'entraîne ailleurs ou au fond. Quand je trouverai un joueur sur ma route, je passerai à la deuxième étape. Pour l'instant, il s'agit de jouer avec ce qui est déjà là. Fragment encore ! Gardons espoir. J'ai désormais la trame de départ. A demain».

 

Jour 20: «Je vais être recto-verso, vêtement: incarnation de ce qui se trame dedans. Et toi, Chère Peau, tu seras enfin protégée».

 

Jour 21: «L'espace de la page blanche me manque terriblement. Grandir l'espace, brandir l'espace. Voilà la suite, chère Peau, une fois que tu seras bien remise. Toi collée à moi, bien sûr».

 

Jour 23: «Cher Fossile, souvenir d'une phrase attrapée dans l'exposition Esprit es-tu là: Tu vois tout comme une forme et tu oublies que c'est un signe de vie... Moi, je joue avec l'au-delà et ses signaux faibles. J'aime faire une chance de tous ces hasards qui le constituent. C'est pour ça que je ramasse les petites pièces dans la rue. Elles disent que l'idée va se faire. Et rappellent que les petits ruisseaux font les grandes rivières».

 

Jour 39: «Chère Peau, c'est la fin du fond. Je remonte à la surface. Vers toi. Vers le monde. Tu seras moins seule j'espère. Nous allons faire quelque chose à notre mesure».

 

Jour 40: «Maintenant, c'est de l'enfance dont je peux sortir. Quitter le trait naïf, cette peur qui dit l'angoisse des premiers pas...  Plonger avec ce que j'ai en mains, nager également car je le peux aussi... Prendre le temps de laisser ces petits liens se faire, sans lesquels rien n'existe. En attendant cette structure que j'espère tant, laisser faire. Se laisser patiner par le cheminement».